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Resident Evil Requiem, adios Raccoon City ?

5 ans après Resident Evil Village, Capcom nous livre enfin un nouvel épisode numéroté de sa licence phare. Alors, véritable requiem pour les morts ou cauchemar pour les joueurs ? Le tout garanti sans spoiler.

Fini Ethan Winters, coucou Grace Ashcroft

Présenté durant le Summer Game Fest 2025, Resident Evil Requiem est sorti ce vendredi et ravage déjà tout sur les réseaux. En effet, le jeu de Capcom était extrêmement attendu et a déjà établi des records. Sur Steam, le jeu a atteint un pic à plus de 340 000 joueurs en simultané, ce que n’avait jamais réussi à faire la licence jusqu’à maintenant. Au moment où j’écris ces lignes, les chiffres de ventes viennent d’être communiqués et la barre des 5 millions d’exemplaires a été franchie.

Dans RE9, la firme d’Osaka a décidé de mélanger ses dernières œuvres et de reprendre les différents éléments qui ont plu à la communauté. Ainsi, nous faisons la rencontre d’un tout nouveau personnage, Grace Ashcroft. Cette dernière est analyste au FBI et va rapidement se demander ce qu’elle a fait pour mériter de vivre un tel enfer. Pour l’accompagner, nous retrouvons le vétéran Leon S. Kennedy. Héros de RE2, RE4 et RE6, pas besoin de vous faire un dessin pour vous dire que le monsieur a largement l’habitude des zombies et autres créatures biologiques.

@CAPCOM – Grace Ashcroft, nouvelle héroïne de RE

Avec ce duo, Resident Evil Requiem peut ainsi s’amuser à proposer 2 jeux en un. Les moments avec Grace sont horrifiques et sous tension (style RE2-RE7) tandis qu’avec Léon, c’est de l’action bien bourrine (RE4-RE6). D’ailleurs, le jeu vous propose 2 modes de vue, à la première personne (FPS) et à la troisième personne (TPS). Par défaut, Grace est en FPS et Léon en TPS. Bien évidemment, à tout moment vous pouvez switcher de vue à votre convenance.

Vous avez rendez-vous à l’institut Rhodes Hill ?

Assez vite, RE9 nous emmène à l’institut Rhodes Hill, une sorte d’asile/clinique où le virus a encore fait des siennes. Dans cette section, vous allez majoritairement jouer Grace avec un peu de Léon histoire de vous faire respirer. Car oui, les passages de Grace vont vous mettre une belle pression avec un inventaire riquiqui et des pièces/énigmes à résoudre dans tout l’institut. En parlant de ce dernier, il doit bien être aussi grand que le commissariat du RPD de RE2. Donc oui, il y en a des pièces à visiter et des choses à récupérer, avec tout plein d’allers-retours.

@CAPCOM – C’est clair, c’est super beau

Et comme Grace n’est pas vraiment une combattante, vous allez plutôt éviter les affrontements directs au maximum avec cette dernière. En fait, assez vite après avoir obtenu le collecteur de sang (un outil qui vous permet de récupérer le sang des ennemis et de crafter des objets), vous vous sentirez « mieux ». Mais ça n’empêchera pas une gestion des ressources minutieuse où chaque balle compte. Cette partie, qui occupe pas moins de la moitié du jeu, est excellente et vraiment bien maîtrisée. On se sent complètement plongé dans l’ADN même d’un Resident Evil (trouver des artéfacts et résoudre des énigmes) et le retour des zombies encore plus humains que jamais. Ces derniers ont conservé des souvenirs de leur vivant en partie et « parlent ». De quoi rendre votre visite à Rhodes Hill encore plus angoissante.

Back to Raccoon City

La seconde moitié du jeu se concentre sur Raccoon City, la fameuse ville maudite et théâtre des événements de RE2 et 3. Cette partie était très attendue des fans et personnellement, ça a été la douche froide. RE9 perd absolument tout son charme dans cette section du jeu pour se retrouver comme un ersatz de The Last of Us, en moins bien maîtrisé.

Vous vous souvenez des zombies qui parlent ? Bah ils ne parlent plus ici… En fait, l’entièreté du jeu (bestiaire, décor, narration) prend un sacré coup et on a l’impression de jouer à n’importe quel jeu de zombie lambda du marché. Surtout que ce n’est pas aidé par un Léon extrêmement lourd et lent à contrôler. Bon, ses punchlines toutes les 5 mins m’auront bien fait marrer et les parades à la hache n’auront jamais été aussi efficaces, mais c’est tout ce que je retiens. Le dynamisme de RE4R a mystérieusement disparu laissant place à un shooter random vraiment pas fifou.

Heureusement que Capcom joue la carte de la nostalgie et du fan service avec le commissariat du RPD. J’avoue avoir eu des petits frissons dans cette partie avec notamment le retour d’un ennemi bien connu de la franchise (peut-être too much lui, mais bon). Enfin, comme tout bon RE, on termine dans le labo secret d’Umbrella (mais il y en avait combien franchement ?) avec le lot de révélations toutes plus plates les unes que les autres (hormis une assez sympa). Le dernier boss est d’une rare nullité et une fois fini, on a un sentiment de manque.

@CAPCOM – Léon, plus sanglant que jamais

Requiem était censé être la « conclusion » de Raccoon City et finalement, pas vraiment. On quitte le jeu avec plein de questions et on se demande un peu l’intérêt de tout ça… D’autant plus qu’une fois terminé, aucun nouveau mode de jeu ne se débloque, uniquement une nouvelle difficulté. Comptez entre 10-15h pour le terminer (selon votre rythme) puis…voilà hein.

Requiem pour les morts, l’enfer pour les vivants

Vous l’aurez compris, Resident Evil Requiem est en demi-teinte. La première partie est vraiment réussie et vous fera frissonner comme un bon RE2 ou RE7 a su le faire. Malheureusement, la suite voit le jeu s’effondrer et tomber dans une inspiration maladroite de The Last of Us.

Bien-sûr, le fan service satisfera les fans de la première heure mais en même temps, Capcom s’est comme limité car on notera l’absence de personnages iconiques qui sont complétement liés à Raccoon City.

Resident Evil Requiem demeure un très bon jeu et un bon opus de RE mais une mauvaise « conclusion ». Avec en plus une replay value assez faible, pas de mode mercenaries ou autre à débloquer une fois l’histoire finie. On espère l’arrivé d’un DLC qui adoucira ce goût amer…

@CAPCOM – Léon aka Mister Good Wine

Points positifs :

  • Le plus beau RE à ce jour (encore plus si vous êtes sur PS5 Pro ou PC de la NASA).
  • Une première moitié dans l’institut de Rhodes Hill tout bonnement excellente.
  • Le choix de la caméra (FPS/TPS) à tout moment.
  • La parade qui peut absolument tout parer (même des roquettes).
  • Le plaisir de retrouver Léon mettre des high kicks…

Points négatifs de RE Requiem :

  • …Mais son gameplay est super lourd et lent.
  • La seconde partie à Raccoon City complètement loupée.
  • Un scénario qui promettait beaucoup pour finalement pas grand-chose.
  • L’absence de personnages emblématiques qui avaient complétement leur place dans cet opus.
  • Aucun moment « fort » ou marquant.
  • Une replay value peu existante.
  • Des antagonistes qu’on a déjà oublié.