Pour cette nouvelle review, voici mon avis sur un manga taïwanais : DONG-HUA-CHUN BARBERSHOP par Ruan Guang-min, aux éditions Kana !

DONG-HUA-CHUN BARBERSHOP, tome 1
Les éditions Kana accueillent un nouvel auteur dans leur catalogue, en provenance directe de Taïwan. Cependant, plusieurs oeuvres de Ruan Guang-min sont déjà disponibles sur le marché français, je vous en parle juste ici !
Cette série en trois tomes est une des pièces maîtresse de l’oeuvre de l’auteur. D’ailleurs, c’est également le tout premier manga taïwanais à avoir été adapté en série live-action à la télé ! C’est dire le succès de ce titre !

Dans une petite ville, l’enseigne d’un vieux salon de coiffure est composée des prénoms des membres d’une famille : le père (Dong), le fils (Hua) et la mère (Chun). Pour fêter l’anniversaire de leur fils, le couple a pris le train. Durant le voyage, le père est parti sans mot ni explication.
Chen Xiao-hua, le fils, a repris le salon de coiffure familial quelques années plus tard. Avant de mourir, son père lui a envoyé un « cadeau », une « petite soeur » inconnue, Chen Yu-lan.
Le frère et la soeur se rencontrent pour la première fois en présence d’un employé du salon Dong Hua Chun, Li Qi-li, récemment libéré de prison sous conditions. Ils traînent tous les trois un passé de joie, de tristesse, de tendresse et de souffrance.
Ensemble, ils apprendront à redéfinir ce que « famille » signifie réellement.
L’édition française reprend fidèlement l’illustration de couverture initiale. Même le logo-titre reprend le concept de l’original en utilisant les enseignes de barbier de la culture anglo-saxonne. À l’intérieur, le papier est assez opaque, avec une bonne impression.
Ni barbant, ni rasoir !
DONG-HUA-CHUN BARBERSHOP débute avec l’arrivée de Chen Yu-lan à Keelung, la ville d’origine de son père. Décédé récemment, ce dernier ne lui a laissé qu’une adresse en guise d’héritage. Elle espérait y trouver de l’argent, mais elle n’y découvre qu’un barbier. Plus grande surprise encore, il s’avère que cette boutique est tenue par Chen Xiao-hua un autre enfant de son père.

Ruan Guang-min nous offre ainsi une tranche-de-vie sur fond d’histoire familiale complexe. Ce tome 1 est plein de surprises, de rebondissements et de malentendus. Mais plus que cela, c’est l’histoire d’une rencontre. L’auteur instille beaucoup d’humour dans les interactions entre ses personnages. Il nous offre aussi les récits de vie de chacun, et finit par nous happer dans ce tourbillon d’émotions.
Scénario : 4/5
L’intérêt de DONG-HUA-CHUN BARBERSHOP repose donc en grande partie sur ses personnages. Séparés de 20 ans d’écart, les deux protagonistes principaux, Chen Yu-lan et Chen Xiao-hua, semblent totalement incompatibles. Pourtant, ils se retrouvent sur un point : ils sont profondément marqués par l’absence de leur père Chen Zeng-dong et… Ils ont un caractère bien trempé !

Mais il y a un troisième larron dans ce récit, et pas des moindres : Li Qi-li ! Employé du barbershop, il est récemment sorti de prison pour des faits de violences assez obscurs. On peut également citer l’agent Tang, dont la droiture force le respect. C’est aussi un personnage qui permet de nous éclairer sur le passé tumultueux du dernier membre de notre trio et d’en faire le portrait réel et touchant.
Personnages : 4,5/5
Visuellement, DONG-HUA-CHUN BARBERSHOP s’inscrit dans le pur style de Ruan Guang-min. C’est un trait fin et réaliste. L’auteur fait le nécessaire pour fixer un cadre bien défini, avec une ambiance à la fois nostalgique et en dehors du temps. Pour cela, l’artiste travaille ses décors tout en sobriété et les laisse régulièrement s’effacer pour se concentrer sur ses personnages.

Ce faisant, les regards et les expressions des personnages deviennent prépondérants et véhiculent toute une palette d’émotions. Dans le cas de Chen Xiao-hua, ses mimiques exacerbées contribuent à l’aspect comique de l’oeuvre ! La mise en page est assez sage mais cela concoure à donner la sensation d’ordinaire au récit. Cependant, parfois, on a des planches chargées en texte et presque redondantes.
Visuels : 4/5
Ce que j’ai préféré dans DONG-HUA CHUN BARBERSHOP, ce sont les thématiques ainsi que la façon de les aborder. Le thème le plus évident est celui des relations familiales et de la transmission, traité au travers de la situation de Chen Xiao-hua et de Chen Yu-lan. Il y a quelque chose d’authentique dans la façon de faire de Ruan Guang-min, qui rappelle le travail de Jiro Taniguchi.

L’oeuvre s’attache aussi à mettre en scène les choix de vie que l’on peut être amenés à faire, volontaires ou contraints, et les conséquences qu’ils peuvent avoir sur notre entourage. Cela se fait à travers Chen Zeng-dong, dont le départ marque ses enfants mais aussi à travers Tang qui, en respectant son code moral, se retrouve à devoir en assumer les conséquences sur Li Qi-li.
Thématiques : 4,5/5
DONG-HUA-CHUN BARBERSHOP, en résumé :
💎 Ce que j’ai aimé :
- Les personnages et leur densité émotionnelle.
- Une tranche-de-vie passionnante.
- L’ambiance du titre, presque hors du temps.
- Les visuels qui servent à merveille le récit.
- Une série courte, en 3 tomes.
🪨 Ce que j’ai moins aimé :
- Certaines compositions parfois trop chargées, voire redondantes.
