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Fullmetal Alchemist ou comment transmuter la narration en or.

Fullmetal Alchemist ou comment transmuter la narration en or.

par CAB 9 avril 2021

Acteur majeur dans le paysage du manga, c’est aussi très probablement l’œuvre qui m’aura le plus donné envie d’écrire dans ce medium, que s’apelorio : Fullmetal Alchemist.

Edward et Alphonse Elric, en voulant ressusciter leur défunte mère, transgresseront les règles de l’Alchimie en utilisant une technique de transmutation humaine. L’échec de leur tentative se soldera par la perte du bras et de la jambe d’Edward, et de la privation totale du corps d’Alphonse dont l’âme est dorénavant enfermée dans une immense armure. Désormais alchimiste au service de l’armée, Edward dont les membres ont été remplacés par des prothèses artificielles se voit surnommé le « Fullmetal Alchemist ». Avec Alphonse, ils partiront alors en quête de la pierre philosophale, seul moyen leur permettant de retrouver leur corps d’origine.

Faisant face aux vestiges d’une guerre passée mais aussi aux manigances intestines de leur propre patrie, Edward et Alphonse affronteront une menace plus grande évoluant, là, dans l’ombre juste sous leurs pieds. Fort heureusement, les deux frères pourront compter sur Winry, amie d’enfance et mécanicienne attitrée d’Ed’ mais aussi par les nombreuses rencontres qu’ils feront durant leur périple.

Une ode du genre

Review sans gluten et sans spoilers : Publié des 2002, le manga d’Hiromu Arakawa est ce qu’on appelle assez vulgairement un « must -have ». Il y a des œuvres qui révolutionnent les codes, d’autres qui savent les manier avec un tel brio qu’ils en deviennent les représentants sacro-saints. Fullmetal Alchemist appartient à cette seconde catégorie.
Pour ce qui est d’ordre visuel, la patte talentueuse d’Hiromu Arakawa est assez reconnaissable. Sans être spectaculaire, son encrage très propre et son découpage extrêmement dynamique donne à l’entièreté de l’œuvre un aspect assez lisse, presque doux, qui se veut agréable dans les moments de narration et rend les combats limpides malgré une certaine brutalité dans la gestion des trames. Mais, je pense, ce qui fait l’atout principal de Fullmetal Alchemist, c’est avant tout son contenu fondamental, son histoire.

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Thématiques et personnages, un cercle (alchimique) vertueux.

Côté personnage, on y retrouve pléthores d’archétypes du « genre » nekketsu. Certains obéissant clairement à leur convention, d’autres amenés bien plus subtilement. D’ailleurs mention spéciale à Scar dont la quête le mène aux antipodes de ce qu’on pourrait croire au départ. Leur traitement est difficilement critiquable, chacun, ou presque, se montrera utile si ce n’est essentiel durant l’histoire. La plupart du temps, l’évolution de leurs propres voies qui, à terme, s’entremêleront les unes aux autres s’articulera autour de quelque chose de « plus grand ». Je pense que c’est d’ailleurs la grande force du manga. Un scénario impeccablement huilé servi par des personnages forts et une narration fluide au rythme brillamment géré.


Si de forme, le scénario est en effet sans bavure, son fond est d’autant plus impressionnant. Ingénieusement, l’histoire qui nous est racontée nous parle évidemment du deuil, ou plus exactement de l’acceptation de celui-ci, mais plus encore, le thème sous-jacent est : Le pardon.
Certains personnages présentés comme vengeurs, d’autres instigateurs de rancune et de colère, seront amenés à évoluer ou bien faire évoluer ceux à leur côté menant à quelque chose de plus poétique que ce qu’il paraît en surface.
Il est bien évidemment difficile d’en dire davantage sans en dire « trop », mais je ne peux que vous conseiller de vous jeter à corps perdu (haha Alpho…non rien) dans FMA. Vous y retrouverez, en plus d’une histoire captivante, des personnages attachants, de l’action et de l’humour ponctué juste ce qu’il faut, et une intense satisfaction d’avoir pris le temps de savourer une œuvre si belle de fond comme de forme.

L’achèvement d’une œuvre

Je me souviens, plus jeune, avoir eu cette sensation douce-amère en lisant les dernières pages. Finalement, 15 ans plus tard, je crois que je ne saurais en être plus satisfait. Ce n’est sûrement pas « la meilleure fin » comme on pourrait se l’imaginer, mais c’est celle qu’il fallait. Si mes mains se joignent désormais dans un claquement symbolique, ce n’est pas en recherche d’une technique d’alchimie, mais pour applaudir cette œuvre si extraordinaire.

PS(poiler) : Sho Tucker, crève.

CAB.

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1 Discussion

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