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Les Trésors du Nain: Celui qui hantait les ténèbres chez Ki-oon!

Les Trésors du Nain: Celui qui hantait les ténèbres chez Ki-oon!

par Balin 9 mai 2021

Pour cette review, je vous présente le manga  « Celui qui hantait les ténèbres » de Gou Tanabe, adaptant la nouvelle éponyme de H.P Lovecraft!

Shima vous annonçait l’arrivée de l’oeuvre au catalogue de Ki-oon en novembre dernier.

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Celui qui hantait les ténèbres et Dagon

Comme pour les autres volumes de la collection Les chefs-d’oeuvre de Lovecraft, Ki-oon nous propose une superbe édition. La jaquette en simili-cuir donne un bel aspect « ancien » au manga. Le papier et l’impression sont d’excellente qualité.

© TANABE Gou 2016 KADOKAWA CORPORATION

À noter que l’ouvrage présente aussi la nouvelle « Dagon » en plus de « Celui qui hantait les ténèbres ».

Dans la ville de Providence, le jeune écrivain Robert Blake semble fasciné par une étrange église abandonnée. Alors qu’il finit par s’aventurer dans ce lieu de culte perverti, il y découvre le Necronomicon, un ouvrage maudit de magie noire, et invoque sans le vouloir des forces maléfiques qui dépassent l’entendement…

Pendant la Première Guerre mondiale, un officier évadé se retrouve perdu en pleine mer. Épuisé, il s’évanouit dans sa barque et, à son réveil, s’aperçoit qu’il s’est échoué sur une île inquiétante, recouverte à perte de vue de carcasses de bêtes marines…

Passons à la lecture, on en pense quoi?

Pour commencer, ce tome nous propose la nouvelle « Dagon » en une trentaine de pages. Dans cette dernière, Gou Tanabe parvient avec brio à nous plonger dans l’atmosphère pesante et dérangeante des oeuvres de Lovecraft. Comme l’officier qui découvre cette île inquiétante, nous découvrons l’univers graphique de Gou Tanabe. Esthétiquement c’est très poussé, très détaillé et fidèle aux images qu’évoquent les nouvelles de Lovecraft.
Selon moi, c’est un excellent choix d’avoir débuté ce tome par « Dagon »; cela permet une bonne immersion pour la suite!


© TANABE Gou 2016 KADOKAWA CORPORATION

Dans « Celui qui hantait les ténèbres », l’écrivain Robert Blake se prend de fascination pour l’église de Providence (lieu de vie de H.P. Lovecraft). En effet, cette dernière dégage une aura très étrange notamment par sa noirceur et son aspect désaffecté. Gou Tanabe retranscrit à merveille l’attractivité du lieu de culte sur Blake. Les mises en scènes sont bien trouvées et transcrivent bien l’obsession grandissante du personnage.

© TANABE Gou 2016 KADOKAWA CORPORATION

Les légendes qui entourent l’édifice religieux sont glauques: on parle de malédiction, de secte occulte, de sacrifice. Tout cela transpire dans les dessins du mangaka. C’est délabré, malsain. Il y a un petit côté organique aussi, qui renforce l’aspect poisseux et macabre du lieu. J’ai d’ailleurs trouvé l’aspect du Necronomicon très pertinent dans le contexte.

© TANABE Gou 2016 KADOKAWA CORPORATION

Comme souvent dans les oeuvres de Lovecraft, le réel se mélange à l’imaginaire et au rêve. Tant et si bien qu’il devient difficile pour le personnage mais aussi pour le lecteur de savoir dans quelle situation il se trouve. Gou Tanabe parvient à mettre en scène ce « flou sensoriel » tout au long du tome. Certaines pages sont de vraies oeuvres d’art à elles seules. C’était magnifique.

© TANABE Gou 2016 KADOKAWA CORPORATION

Le mot de la fin sur cette oeuvre:

Bien que fan de Lovecraft et grand amateur de manga, je ne m’étais encore pas laissé tenter par la série des Chefs-d’oeuvre de Lovecraft par Gou Tanabe. Par peur d’être déçu, ou simplement par indifférence, je ne saurai le dire. En attendant, je dis merci à Ki-oon de nous offrir la possibilité de lire ces différentes oeuvres!
Gou Tanabe a très bien su s’adapter à l’univers de Lovecraft et lui offre une identité visuelle très pertinente.

Avec « Dagon », on entre dans l’univers sombre et crasse de l’auteur américain. Des visuels sombres et poisseux, une atmosphère pesante voire étouffante. C’est une mise en bouche très intelligente pour attaquer ensuite « Celui qui hantait les ténèbres ».
Contrairement à la première nouvelle, le mangaka a plus de temps pour poser l’histoire. Il gère vraiment bien la tension au cours du récit et lui offre des visuels magnifiques. Et ce, aussi bien dans les représentations que dans les mises en scènes qui viennent appuyer l’inconfort qu’apporte l’oeuvre originale.

Au final, il parvient à retranscrire avec brio ce ressenti que l’on a pendant et après la lecture de Lovecraft. Un mélange de confusion, de doute et de crainte.

Je pense donc me lancer dans la lecture des tomes déjà parus… « L’appel de Cthulhu » me tente bien!

Et pour ceux que ça intéresse, voici un extrait du tome: