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« Nightmare of the bof », l’anime The Witcher par Netflix ?

« Nightmare of the bof », l’anime The Witcher par Netflix ?

par CAB 28 août 2021

Après son « adaptation » des romans à succès d’Andrzej Sapkowski dont la seconde saison est prévue pour Décembre prochain, Netflix se lance ici dans l’animation de The Witcher avec Nightmare of the Wolf.

Annoncé en grandes pompes durant la WitcherCon, c’est ce Lundi que j’ai pu découvrir, non sans une certaine excitation, le préquel qui s’en allait me conter l’histoire de Vesemir, mentor de notre sorceleur préféré.

Et…oui, mais, non.

Pitch, quand t’as un p’tit creux.

À défaut de vouloir s’aventurer (dommage pour un tel univers) à créer quelque chose de nouveau, ici, Lauren Schmidt Hissrich, showrunneuse de la licence pour Netflix choisi de nous raconter l’histoire de la destruction de Kaer Morhen levant le voile sur un mystère pour les néophytes et permettant d’introduire le personnage de Vesemir au grand public.

Un choix, d’apparence, bienvenu puisque le vieux sorceleur fera sa première apparition dans la série live-action dans quelques mois. Le récit obéira à, semble t-il, la même marotte que la première saison live-action en suivant différentes timelines nous présentant ainsi Vesemir, anti-héros évident, en tant que Sorceleur vénal et peu scrupuleux au temps présent, mais aussi sa version adolescente somme toute plus nuancée. Accusé à tort ou à raison d’être à l’origine de nombreux désatres dans la région, comment notre « héros » désinvolte et caustique se sortira de cette situation. Oui, dis nous comment tu vas t’en sortir TrévorVesemir, pardon.

‘Vanialike

Commençons d’abord par ce que ça vaut en tant que produit filmique seul. Et bien c’est plutôt pas mal. Il sera très TRÈS dur de ne pas y voir une immense inspiration de la série « Castlevania » (by Netflix) qui, à n’en pas douter, a été une influence majeure pour le film. La 2D est d’une excellente maîtrise offrant des affrontements spectaculaires que ce soit via la magie ou dans les passes-d’armes, mais, on en attendait pas moins de la part de Netflix. Bien évidemment, il faudra un temps d’adaptation pour admettre que Vesemir est capable de balancer sans mal des boules de feu et de chuter de 50m de haut à la cool, mais, pour un anime, il faut savoir faire appel à sa suspension d’incrédulité surtout pour de la fantasy.

© Netflix

Et justement… De la fantasy, on a la panoplie intégrale : Des magiciens, des monstres, des tueurs de monstres, des expérimentations alchimiques, des races différentes. Bref tout ce qu’on pouvait attendre d’une licence estampillée fantasy.

Sauf que…

Ben, The Witcher, de par son univers, son propos, ses personnages et ses thématiques a toujours d’avantage tendu vers un sous-genre à savoir, la « Dark-fantasy » (NdR : l’estampillage éditorial de Bragelonne est cependant celui d’un roman fantasy) et la, petit bémol. En effet si le film se présente classifié -18, un bout de sein par-ci, une paire de fesses par-là, du sang à foison; je m’attendais tout de même a un ton et une photo/DA moins édulcorés, plus décomplexés que ce qui nous est présenté ici. Pour ce qui est de l’ambiance sonore, de la BO et du doublage, à mon sens c’est un sans-faute, tout matche parfaitement et Alexis Victor pour la VF est, comme à son habitude incroyable.

L’histoire bien que classique est efficace et se targue de quelques retournements de situations intéressants et de quelques clins d’oeil à l’univers permettant de donner du corps au scénario mais aussi à la « glaise » d’une licence d’exploitation que Netflix s’approprie ici. Idem pour les personnages, si indépendamment chacun d’entre eux est très archétypé, l’ensemble est homogène et donne lieu à des interactions (parfois des alliances) plutôt intéressantes qui servent réellement le scénario. En somme, en tant qu’objet filmique, Nightmare of the Wolf, en lui-même, fonctionne plutôt bien. Mais pour le reste…aïe.

Le moindre mal ? « Mais à choisir entre deux maux, je préfère ne pas choisir du tout. »

Tout d’abord, même si fervent admirateur du travail de Sapkowski, je n’ai pas la prétention de connaître les romans sur le bout des doigts, cependant, assez pour pouvoir affirmer quelque chose de fondamental dans la suite de cette chroniques : Nightmare of the Wolf n’est en RIEN une adaptation. J’irai même plus loin, c’est une appropriation de l’oeuvre d’origine, et pas des plus glorieuses.

Je ne reviendrais pas ici sur la série, mais je ne peux pas non plus simplement la laisser de côté puisque toutes les productions Netflix de la licence sont a priori canon entres elles (cf : Lauren Schmidt Hissrich). La première saison se permettait de grosses, très grosses libertés, dont certaines pas vraiment agréables, mais alors, avec Nightmare of the Wolf, lecteur de la première heure, planquez vous.

Nightmare of the reader?

Même si, fortement inspiré de « Season of the Storm » avec l’alliance entre un sorceleur et une sorcière, l’écriture de Vesemir fait pâle figure (haha…tu l’as ?) avec celle de Geralt et, l’absence d’une once de subtilité de « Tetra » en comparaison avec l’attachante Lytta Neyd/Corail est vraiment catastrophique. Le propos est similaire, mais, en plus de personnages à peine attachants, Netflix nous sert ici un ton bien trop emmiélé par des histoires d’amour peu crédibles ou un passé de personnage sans substance.

The Witcher, c’est des mutants dénués de sentiments ou presque, c’est le racisme, les pogroms, la haine, la crasse. Alors oui, on fait référence; au massacre des elfes, on fait les méchants villageois poussés par la vilaine magicienne à venir massacrer du Sorceleur etc… Mais ça ne fonctionne pas. Tout simplement parce-que le ton n’y est pas.

© Netflix

Vesemir trop enjoué, ersatz de Trevor Belmont et consort de anti-héros cliché n’a rien d’attachant. Alors on force en lui inventant une histoire d’amour d’antan, à lui, qui laisse mourir des gamins dans une cave tout le long du film… On abuse d’effets gores et de phrases toutes faites pour rendre le tout plus « noir » mais pour tout ceux familier au matériel d’origine ça ne fonctionne pas. Où sont les dilemmes du moindre mal ? La subtilité du dernier voeu ? L’ambivalence ? Les duels au sommet ? Non ici tout est spectaculaire sous-couvert d’une couche d’un PEGI -18 qui ne trouve sens qu’à moitié. Non, ça ne fonctionne pas.

Chronologiquement, il est tout aussi impossible que Geralt (a priori en rémission, force à lui), Eskel et Lambert puissent s’être trouvé la durant le siège contre Kaer Morhen; tout comme le fait que Lambert puisse être plus âgé (cf : les bouquins) ou même que Vesemir ait eu un rôle majeur durant ce même siège.

Le dernier voeu.

Malgré toutes les critiques que j’ai pu écrire plus haut, je n’ai cependant pas passé un mauvais moment devant Nightmare of the Wolf. Le film est divertissant, c’est indéniable, et le fait que Netflix veuille s’approprier la licence à leur manière n’est fondamentalement pas une mauvaise chose. Et s’il paraît plus qu’évident que Lauren Schmidt Hissrich est une lectrice et fan des romans de Sapkowski, je doute que ses intentions soient purement mercantiles (coucou Kathleen Kennedy) ce qui en fait une bonne showrunneuse pour la licence.

Mais si, par miracle, je tombais sur un Djinn, je souhaiterais qu’au dela d’un spectacle divertissant, il soit possible d’offrir au spectateur la maestria que l’univers a à offrir.

Toss a like to your Witcher..!

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