REQUIEM – CHEVALIER VAMPIRE, l’excellente BD de Pat Mills et Olivier Ledroit, a été adaptée en manga ! Voici mon avis sur le tome 1 !

REQUIEM – CHEVALIER VAMPIRE, le manga, tome 1
L’adaptation en manga de REQUIEM – CHEVALIER VAMPIRE est un projet de longue date, environ 10 ans, et à l’initiative d’Olivier Ledroit lui-même. Eh oui, pour ceux qui ne le sauraient pas, la bande-dessinée REQUIEM fêtera bientôt ses 30 ans (le tome 1 est sorti en 2000).

Fauché par la mort, Heinrich se réveille amnésique sur Résurrection, un monde où le temps et les terres se sont inversés. Adoubé chevalier vampire sous le nom de Requiem, le voici projeté au cœur d’un conflit entre vampires et autres créatures démoniaques. Alors que ses premiers exploits s’écrivent dans le sang, une obsession le guide : retrouver Rebecca, quelle que soit sa réincarnation…
Maintenant, si on s’intéresse à l’objet livre, il est de bonne facture. Le papier est opaque, avec une belle impression. La couverture est efficace, comme un écho de celle du tome 1 de la BD. À noter que Glénat a lancé le titre avec une couverture alternative, et a eu la bonne idée de proposer une illustration rappelant celle de la première édition de REQUIEM (Nickel Productions)!


Pour cette nouvelle version, changement de format donc : l’équivalent des 2 premiers tomes (une cinquantaine de pages) est condensé en un seul (228 pages). Mais surtout changement de contenu. S’il y a bien quelques pages couleurs en début de tomes, ça reste un manga et donc il est intégralement en noir et blanc; au contraire de la BD qui est entièrement en couleurs. Et le scénario a été modifié également. En effet, l’oeuvre d’origine est connue pour être violente, sanglante et transgressive. Ici, pour viser un public plus large, et notamment plus jeune, certains éléments ont été occultés. Néanmoins cela reste fidèle à la trame originale.
Une adaptation réussie ou pas ?
REQUIEM – LE CHEVALIER VAMPIRE se déroule dans un monde où tout est inversé : Resurrection. Là-bas, on nait vieux, et on rajeunit à mesure que le temps passe. Le futur est le passé et toutes les valeurs y sont inversées. Enfin ça, c’est dit dans la BD, mais le manga reste trop sous-entendu et je trouve ça assez dommage. En revanche, il reste sur l’idée d’un au-delà où sont envoyés les défunts ayant commis des atrocités dans leur vie passée.

Selon les crimes, les humains sont ainsi ressuscités en Nosferatu, en Goules, en zombies… Dans cet univers, il existe également une denrée rare, l’opium noir, qui permet à certaines races de cet univers de démultiplier leurs capacités. À noter que dans la BD, l’imagerie nazie est convoquée, souvent détournée; le manga n’y fait pas vraiment allusion. Cela enlève un peu du « charme » de l’oeuvre mais au moins, cela permet de cibler un plus large public.
Univers : 3/5
REQUIEM – CHEVALIER VAMPIRE se veut être le récit d’une histoire d’amour par delà le temps et l’espace entre Heinrich et Rebecca. Alors que c’est formellement interdit, notre protagoniste cherche à se souvenir de sa vie passée et à retrouver l’amour de sa vie. Les seules pistes qu’on lui donne pour retrouver la mémoire sont l’opium noir et son épée damnée. Le premier pourrait le tuer, alors il ne lui reste qu’à nourrir son épée de sang.

Ainsi, à peine a-t-il le temps de s’adapter à ce nouveau monde que notre Chevalier Vampire se retrouve forcé de combattre aux côtés de ses semblables. Ce premier volume nous offre ainsi une bataille dantesque entre la flotte des apocalyptique des Nosferatus et les Vierges Pirates, des goules. Et d’autres éléments viennent se greffer, comme les figures mythiques de Thurim, Dracula, et densifier l’intrigue. Le format condensé fait qu’on pourrait s’y perdre.
Scénario : 3,5/5
Vous l’aurez compris, REQUIEM – CHEVALIER VAMPIRE est l’histoire d’Heinrich, dont le nom vampirique est désormais Requiem. C’est un personnage que je trouve très intéressant pour son sens de l’honneur qui dénote dans ce nouvel univers, et l’amour pur qu’il porte à Rebecca mais… Je le trouve bien moins dense et complexe que dans la BD. Certes, cela rend la lecture plus accessible, mais quand même, ça me paraît être un gros sacrifice.

Autour de lui, on découvre déjà un grand nombre de personnages. Déjà, il y a Otto von Todt, un autre Chevalier Vampire qui sert de mentor à Heinrich dans cette nouvelle « mort ». On peut aussi citer Cryptus, qui lui apporte des pistes des réponses pour sa quête. Et en guise « d’antagonistes » – en réalité, c’est plus complexe que ça – le groupe de Mortis, Samedi et Claudia Demona viennent illustrent les règles au sein de la société vampire.
Personnages : 4/5
L’aspect visuel de REQUIEM – CHEVALIER VAMPIRE est une de ses plus grandes forces, c’est d’ailleurs ce qui m’avait poussé à la lire; alors forcément, les attentes sont grandes concernant cette adaptation. On ne va pas se mentir, ce que propose Seban est loin du niveau d’Olivier Ledroit, et l’absence de couleur ne joue pas en sa faveur non plus. À titre personnel, j’ai du mal avec le character-design que je trouve trop lisse.

Néanmoins, cela reste une adaptation correcte dans ce qu’elle prétend faire. Les planches sont pleines de détails comme la BD originale, mais la mise en page se veut plus claire, comme pour guider un peu plus notre lecture. Une des caractéristiques de la BD d’origine, ce sont ses très nombreuses doubles-pages. Le manga nous en montre moins, mais les plus marquantes d’Olivier Ledroit ont droit à leur réinterprétation !
Visuels : 3,5/5
REQUIEM – Chevalier vampire tome 1, en résumé :
💎 Ce que j’ai aimé :
- L’adaptation parvient à rester fidèle tout en visant un public plus large.
- Les personnages conservent leur essence, et sont intéressants.
- Les visuels sont réussis, et permettent de gagner en clarté.
- La narration énergique qui nous embarque sans trop de soucis.
🪨 Ce que j’ai moins aimé :
- Le côté condensé fait qu’on s’y perd parfois un peu.
- REQUIEM perd un peu de sa saveur, car moins transgressive et iconoclaste.
Note globale : 14/20
Et je ne pouvais pas finir cette review sans remercier Olivier Ledroit pour l’échange qu’il m’a offert lors de cette Japan Expo 2026, et pour cette jolie dédicace d’Igor (petit flex aussi hein, j’admets)

