Je vous ai déjà parlé du manga Space Punch de ZD. Cette fois, je vous donne mon avis sur un autre manga français d’Ankama : RIPPER par Jéronimo Cejudo !

RIPPER, tomes 1 à 5 :
RIPPER est donc un manga français de Jéronimo Cejudo, que vous connaissez peut-être déjà pour sa collaboration sur Lil’ Berry. Cette nouvelle oeuvre en solo s’inspire des séries Super Sentai et tokusatsu. Et pour ceux qui ne connaîtraient pas ces deux termes, voici de quoi il s’agit :
- Le tokusatsu désigne des séries et films qui utilisent des effets spéciaux (c’est une contraction de tokushu satsuei, littéralement effets spéciaux en japonais).
Dans les années 60, cela désigne uniquement les techniques de trucages.
Dans les années 90, le terme est généralisé aux productions visuelles et à l’esthétique elle-même. On distingue plusieurs types dans ces productions : les séries de Kaiju, de Kamen Rider, de Super Sentai ou encore dérivées d’Ultraman. - Le Super Sentai désigne des oeuvres qui mettent en scène des escadrons de super-héros, qui utilisent des tenues de combats colorées lorsqu’ils affrontent leurs antagonistes. C’est Bioman pour ceux du Club Dorothée, et c’est ce qui a donné naissance aux Power Rangers américain pour la Gen Z.
Maintenant que les choses sont dites, revenons à RIPPER ! 5 tomes sont déjà disponibles et l’auteur travaille d’arrache-pied sur le tome 6 à l’heure où j’écris ces lignes. C’est le meilleur moment pour lui apporter votre soutien !


À la suite d’un cataclysme sans précédent, l’air est devenu irrespirable et des créatures hostiles ont pris le contrôle de la planète, forçant les derniers survivants à se retrancher dans une tour de fortune. Parmi eux, des volontaires sont formés pour trouver un nouvel éden. On les appelle les « Ripper » !
Lors d’une mission de reconnaissance, l’escadron du Chêne rencontre Junk, un jeune garçon optimiste qui ne semble pas affecté par l’état de la Terre…



Pour parler un peu de l’édition, Ankama nous propose une belle mouture avec un papier épais, une bonne impression et surtout de magnifiques pages couleurs ! (8 dans les tomes 1, 2, 4 et 5; 10 dans le tome 3).
It’s RIPPER Tiiiiime !
RIPPER prend place dans notre monde, dans un futur éloigné après qu’un cataclysme l’ait ravagé. L’air est désormais toxique et comme si cela ne suffisait pas, des Wendigos sont apparus et traquent le reste de l’humanité. Le dernier rempart des humains est le Bosquet et ses différents escadrons de Ripper. Il existe ainsi plusieurs équipes, tirant leur nom d’arbres communs, chacune affectée à une tâche bien précise au sein de cette nouvelle civilisation.

Ces combattants obtiennent la capacité de revêtir une armure grâce au sang du Dieu-Visage lors d’un rite de passage. Les transformations s’inspirent cette fois de nombreux insectes (c’est le côté Super Sentai, voire Kamen Rider du coup) et le sang ingéré permet d’utiliser l’Echo, une énergie inédite qui sert aussi bien pour le combat que pour alimenter le Bosquet. Vous l’aurez compris, c’est un univers dense et cohérent qui est construit au fil des tomes !
Univers : 4,5/5
Cependant, RIPPER prend le parti de suivre un protagoniste qui est étranger à tout cela : Junk ! Accompagné de Crappy, un raton-laveur loquace, ils vivent en autarcie repoussant régulièrement des Wendigos. Il faudra attendre que l’escadron du Chêne, mené par Lance, dépasser les ordres du Bosquet pour que Junk soit confronté à ce nouveau monde. Du point de vue narratif, c’est intéressant pour le lecteur puisqu’il découvre en même temps que le protagoniste !

Autour de Junk et Crappy, Jéronimo Cejudo introduit une galerie de personnages conséquente. En plus de l’escadron du Chêne, qui se compose de Lance, Le Pi, Nessa et Billie; on découvre ainsi les membres d’autres escadrons de Ripper ! En terme de développement, les personnages principaux ont une bonne synergie, porteuse pour le récit. Les individualités sont attachantes. Les antagonistes quant à eux sont très réussis, construits tout en nuances.
Personnages : 4/5
En plus d’être le protagoniste de RIPPER, Junk est également une des clés de l’intrigue. En effet, dans cet monde où l’air est devenu toxique pour les humains, il ne semble pas inquiété de respirer. Mieux encore, il est capable de réaliser la photosynthèse et donc, à la manière d’un végétal, de s’alimenter grâce à de l’eau, du CO2 et de la lumière. Il est d’ailleurs capable de produire des racines grâce à l’Echo, sans avoir été au contact du sang du Dieu-Visage !

Et ce n’est pas tout ! Junk a trouvé un casque, similaire à celui des Ripper, qui lui permet de se transformer comme eux ! Notre protagoniste se retrouve donc étroitement lié à l’intrigue. L’auteur nous propose aussi d’autres pistes de développement, en creusant le passé du Bosquet et en instillant beaucoup de mystères autour des Wendigos. J’ai beaucoup aimé cette construction organique, qui sert admirablement bien le propos écologique de l’oeuvre.
Scénario : 4/5
Visuellement, RIPPER est particulièrement réussi. Je suis bluffé par l’inspiration dont peut faire preuve Jéronimo Cejudo pour ses character-design. Il y a tellement de personnages, et pourtant, aucun ne se ressemble. Et il en va de même pour les armures des Ripper ! L’auteur aurait pu se contenter de variations minimes à la manière des Sentai, mais non, toutes sont uniques, elles peuvent même évoluer ! Là encore, l’imagination semble sans limite.

Le trait se révèle très expressif, appuyant bien les moments d’intensité émotionnelle. Les décors sont soignés, et nous immerge pleinement dans ce monde dont on a tout à apprendre. J’aime beaucoup les petits easter eggs qu’on peut y trouver. Et si la compréhension de l’action peut-être difficile sur les débuts, le découpage gagne en fluidité et en lisibilité à mesure que les tomes avancent. Mention spéciale pour la maîtrise de la représentation du gigantisme !
Visuels : 4,5/5
RIPPER, en résumé :
💎 Ce que j’ai aimé :
- L’univers dense et cohérent en plus d’être original !
- La réappropriation des codes tokusatsu et Super Sentai.
- Les visuels époustouflants et les designs très inspirés.
- Les personnages qui sont attachants mais aussi plein de mystères.
- La thématique écologique qui est traitée avec subtilité.
🪨 Ce que j’ai moins aimé :
- Le manque de lisibilité parfois, dans l’action au début, et dans la narration parfois.
