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Le jeu-vidéo est-il mort ?

Vous l’avez très certainement vu passer, l’annonce choc de Sony d’arrêter les jeux physiques à partir de Janvier 2028. Arrivons-nous à la fin d’une ère ou vraisemblablement, la fin du jeu-vidéo ? Faisons un tour de piste des différents clous du cercueil.

Première étape : Covid-19

On aura beau dire ce que l’on veut, il y a eu un monde avant et un après Covid-19. Vous vous souvenez des E3 claquants et complétement fou avec des stars, des fumigènes et autre éléments scéniques complètements dingues ! Alors, je vous vois venir en disant que l’E3 était déjà dans en difficulté avant l’arrivée du virus. Cependant, les événements physiques étaient encore ultra présents et il était « normal » de voir des événements physiques pour des sorties de jeux ou tout simplement des annonces.

Keanu Reeves à l’E3

Puis, pendant et surtout après le Covid, les différentes manufacturiers, notamment les « first-party » (Sony, Microsoft et Nintendo) ont vu que des évents digitaux, beeeen, ça fonctionne tout aussi bien. Voir même mieux, vu qu’il y a tout plein d’économies de réalisées. Exit les déplacements, les stars et toute la logistique que ça entraînait. Maintenant, suffit d’un studio, une bonne voix off et on est tout bon. En plus de l’événementiel, n’oublions pas que la pandémie a aidé à booster la vente de jeux digitaux. On était tous confinés chez nous, donc les stores digitaux sont devenus limite l’unique endroit pour se procurer de nouveaux jeux. C’est le début du changement des habitudes du consommateur et le plan des first party pour abandonner le physique.

Peu à peu, les événements physiques sont quand même revenus (le Summer Game Fest se tient à Los Angeles) mais on est bien loin de la folie de l’ère E3.

Témoin de la scène du crime : les Free to play

Un genre qui a pris de plus en plus de place dans la sphère du gaming : les free to play. Ces fameux jeux gratuits que l’on peut jouer quasiment partout. L’unique moment où il est demandé de sortir nos sous, pour acheter des skins ou objets in-game. Ce genre a surtout gagné en influence grâce à un certain Fortnite. On peut également citer League of Legends ou Genshin Impact, des jeux qui « emprisonnent » les joueurs entre leur mur. Justement, des joueurs de Fortnite ne vont jouer qu’à ce jeu et ne même pas chercher à comprendre ce qu’il y a d’autres.

Epic a réussi à rendre l’industrie jalouse avec son Fortnite : réussir à créer son propre éco-système avec sa communauté et sa monnaie. En voyant les dollars défilés, pas mal de constructeurs se sont dit « hey, venez on fait un jeu qui amasse des sous comme eux? » On a alors pu voir l’explosion des GaaS (Game as a Service) qui se sont limites tous vautrés en beauté (coucou Concord).

Les free to play n’ont pas arrêté de s’améliorer et certains d’entre eux (ex: Where Winds Meet) nous font demander pourquoi on continue d’acheter des jeux pleins pots. Et comme dit plus haut, ils sont complètement digitaux et accessible à peu près partout.

GTA VI de Rockstar : complice de meurtre

Grand Theft Auto VI (GTA VI) est aisément le jeu le plus attendu de cette décennie. Après un premier teaser et de nombreux reports, le jeu de Rockstar Game a donné très peu de nouvelles. Cependant, cet été, l’annonce de l’ouverture des précommandes à fait des émules avec l’ouverture du site officiel. Malheureusement, la bonne nouvelle de l’arrivée prochaine du mastodonte a été accompagnée d’une info qui a fait le tour des réseaux. La version physique de GTA VI n’aura pas de disque ! Une première dans l’histoire du jeu-vidéo ! Avec cette annonce, bon nombre de joueurs se sont demandés « dans ce cas, à quoi sert l’édition physique ? Autant prendre en digital directement ».

Alors, certains revendeurs physiques proposent quand même des tarifs plus compétitifs que celui proposé sur le store. On peut le trouver à 50-60€ dans le commerce quand il est proposé à 80€ sur les stores digitaux. Cependant, cette démarche reste très « française » où des grands magasins comme Leclerc se permettent de vendre des jeux à prix bas. Dans le reste du monde, c’est une autre affaire et dans bon nombre de pays, l’achat en digital sera plus « intéressant ». En tout cas, avec cette annonce, Rockstar a tout simplement ouvert la boîte de Pandore et la suite ne s’est pas faite attendre…

Sony, bourreau du jeu-vidéo

Alors que l’on se remettait encore timidement du choc GTA VI, voilà que Sony annonce sur ses réseaux la pire annonce de l’histoire du jeu-vidéo : la fin des versions physiques à partir de Janvier 2028. L’un des 3 gros de la sphère gaming décide de mettre une gifle à absolument tout un éco-système. Les revendeurs physiques (coucou Micromania), les distributeurs, les usines de stockages, usines de presse disque, etc… C’est tout un monde qui se voit balayer du jour au lendemain. Le marché de l’occasion qui se voit éliminer et l’un des éléments essentiel du jeu-vidéo, partager un jeu, deviendra impossible. Quand je vous parlais plus haut de prix compétitif par Leclerc, Fnac et autres, ben tout ça, vous oubliez dès 2028.

Pour nous, consommateur et gameur, c’est un drame sans nom. Bien-sûr, avec cette annonce, comment ne pas deviner que les prochaines générations de consoles seront donc sans lecteur disque. Mais vraiment, ça vous fait rêver vous ? Déjà que la génération PS5, Xbox Series est la pire que nous ayons connu, qui a envie de courir s’acheter une PS6 et Projet Hélix (future Xbox) ? Surtout que selon certaines rumeurs, le prix d’achat devrait avoisiner les 1000€. Il faudrait que ces futures consoles présentent un gap technique énorme pour nous faire franchir le pas, mais personnellement, je n’y crois absolument pas. La différence entre PS4 et PS5 n’a pas été si folle que ça, la technologie a clairement atteint un plafond.

Play with limit

Un secteur au bord du game over

Je pense que depuis la fin de la génération PS2, Xbox, Game Cube, l’âge d’or du jeu-vidéo en somme. Le jeu-vidéo traverse une période de transformation et de changement de direction. A l’origine, c’était fait par des passionnés, des artistes, puis des financiers ont senti l’odeur de l’argent et se sont infiltrés comme des parasites. Cela a radicalement changé le visage du jeu-vidéo malheureusement.

Avec les échecs ou tout simplement des objectifs non atteint, on voit des tristes annonces de licenciements, de studio qui ferment et de jeux annulés alors qu’ils étaient présentés il y a peu (RIP Gang of Dragon). D’ailleurs, Xbox devrait prochainement communiquer son plan de « restructuration » prochainement avec la fermeture de nombreux studios. En plus du carcan Microsoft, d’autres studios sont menacés comme Quantic Dream (Detroit Become Human), Arkane Lyon (Dishonored) et bien d’autres.

Avec toutes ces coupes budgétaires, la prise de risque et la créativité va être de plus en plus rare et timide. On se retrouve avec des jeux qui se ressemblent tous (coucou les FPS extraction shooters) et dont les innovations sont bien maigres. Seulement quelques licences fortes réussiront à s’en sortir (Call of Duty, Resident Evil, GTA, etc), mais pour les autres et indés…

Le jeu-vidéo est tombé dans une ère très sombre de son histoire, arrive t-il à s’en sortir ? Ce n’est pas sûr… En tout cas, avec ces annonces, ça donne plus envie de quitter le train que de le rejoindre… Le consommateur ne devient plus propriétaire mais un simple locataire dont on lui retirera l’accès à son jeu dûment payé du jour au lendemain (coucou The Crew).