Avant 7Seeds et Don’t Call It Mystery, Yumi Tamura a écrit BASARA ! Voici mon avis sur la réédition de shōjo, aux éditions Kana !

BASARA – RÉÉDITION, tomes 1 et 2 !
De septembre 1990 et juin 1998, Yumi Tamura a publié BASARA dans le magazine Betsucomi de l’éditeur Shogakukan. Il aura fallu attendre 2001 pour découvrir la série en France, chez Kana. Cette édition initiale comptait 27 tomes.
Mais pour le retour de BASARA à son catalogue, les éditions Kana ont opté pour une « Star Edition ». Un format que l’on a déjà pu voir pour Slam Dunk, Shaman King mais aussi pour Yu Yu Hakusho. On reste sur une taille standard 15x18cm, mais le découpage est revu. Les volumes sont ainsi plus épais, et il n’y en aura que 16 en tout.
On peut toutefois noter que les couvertures sont inédites, et propres à cette édition française !


Plusieurs siècles après l’effondrement de la civilisation un roi tyrannique règne sans partage sur un Japon dévasté.
Mais la légende annonce l’arrivée d’un « enfant élu », destiné a traverser l’archipel en proie aux tourments de la guerre pour renverser le despote et bâtir un monde nouveau. Au village de Byakko, des jumeaux voient le jour : Tatara, l’aîné et Sarasa la cadette. Ainsi commence la légende !
Entre fresque épique, intrigues politiques et quête d’identité !
BASARA se déroule dans un monde similaire au nôtre, au XXIIIème siècle. Un cataclysme a ravagé le Japon trois siècles plus tôt, entraînant de profonds bouleversements environnementaux et sociétaux. Gouverné par un unique roi et ses 4 fils, l’archipel est désormais partagé et régi avec une certaine tyrannie.

Ainsi, Yumi Tamura nous propose un univers atypique, aux accents anachroniques. Il faut dire que le récit prend place dans le futur, mais le système féodal évoque bien plus le passé. Pour le moment, ce contexte particulier n’est pas exploité, et il manque un peu de cohérence, mais il a le mérite d’être intriguant ! À voir ce qu’il donnera par la suite.
Univers : 3/5
L’histoire de BASARA repose sur une prophétie, avec un élu : un schéma narratif qui implique assez peu de surprise malheureusement, et encore moins quand il y a des quiproquos comme ressort scénaristique. Pour autant, Yumi Tamura parvient à le rendre assez vivant, et à s’en détourner pour que l’on s’accroche à l’intrigue !

On a ainsi droit à des batailles sur terre, sur mer, des stratégies, des pièges tendus, des trahisons. Mais il y a aussi des passages plus introspectifs qui donnent un aspect initiatique au récit. Par ailleurs, un sous-texte féministe particulièrement moderne se fait saillant à plusieurs moments. Rappelons que le manga a 35 ans !
Scénario : 3,5/5
La plus grande force de BASARA, selon moi, tient à ses personnages. Sarasa, forcée par le destin à prendre la place et le nom de son défunt frère Tatara, est aussi attachante qu’intéressante. Et le binôme qu’elle forme avec Shuri, le Roi Rouge, « contre-nature » dans ce contexte, vient apporter comique et romance au récit.

Autour de ces deux forces, on retrouve une galerie de personnages à la caractérisation poussée. J’ai adoré l’aura mystérieuse qui plane autour de Nagi ou de Ahega. Mais je pourrais aussi citer Shidō et le vieux Kaku dont la loyauté sans faille est impressionnante. Globalement, l’ensemble des personnages parvient à nous toucher !
Personnages : 4/5
Visuellement, BASARA est dans le pur style shōjo des années 90. Les yeux sont grands, pleins de lumières et de reflets. La plastique des personnages principaux est toujours proche de l’idéal : des visages fins, corps filiformes. J’aime toutefois beaucoup la façon dont Yumi Tamura joue du côté androgyne avec Sarasa et Ahega.

Tout n’est pas parfait, loin de là (pauvre Yako) : c’est souvent maladroit, brouillon. Cependant, même si vous avez du mal avec ce trait « exagéré », dans les expressions faciales ou dans les mises en scène, la maîtrise du découpage et de la composition des planches pourrait tout de même vous emporter dans ce récit épique !
Visuels : 3,5/5
BASARA, en résumé :
💎 Ce que j’ai aimé :
- La construction des différents personnages.
- La ferveur des discours et la lutte pour les idéaux.
- Les différents rebondissements qui jalonnent le récit.
- Le sous-texte féministe, moderne pour un manga qui a 35 ans.
🪨 Ce que j’ai moins aimé :
- Le côté « élu », « prophétie » : il y a peu de surprises.
- Le style de dessin « exacerbé » qui reste clivant.
