Accueil Découverte Les pérégrinations de Shima aux Utopiales : Interview de Thomas C. Durand, 1ère partie
Les pérégrinations de Shima aux Utopiales : Interview de Thomas C. Durand, 1ère partie

Les pérégrinations de Shima aux Utopiales : Interview de Thomas C. Durand, 1ère partie

par Shima 10 novembre 2019

Votre Gaak Shima et son fidèle acolyte Naru, ont eu le plaisir et l’honneur d’interviewer Thomas C. Durand, alias Acermendax lors des Utopiales 2019. Notre Interview portera sur la Fiction.

Notre interview sera basée essentiellement sur la fiction. Que ceux qui ne connaissent pas la zététique ne partent pas en courant à la vue de ce terme qui paraît compliqué. Nous allons parler de la facette auteur de cet homme aux multiples casquettes. Et qui sait, peut-être aurez-vous envie d’en apprendre plus sur la méthode scientifique, les biais mentaux ou le scepticisme.

La zététique qu’est ce que c’est ?

« La zététique c’est un truc de scientifiques mal coiffés dans des laboratoire avec des tubes à essais. C’est ça ? »

Non. La zététique c’est l’art du doute. La démarche scientifique d’explication du monde.

Thomas C. Durand
Thomas C. Durand aux Utopiales 2019

« Les humains ont toujours cru à des tas histoires bizarres. Ils se les racontaient avant de s’endormir, à une époque où il n’y avait pas encore d’émissions intelligentes à la télévision. Au fil des siècles, il a beaucoup appris sur les événements naturels, mais il a gardé une fascination pour l’incompréhensible, le curieux, l’étonnant, le magique. On ne leur en tiendra pas rigueur. Rien n’est plus réjouissant que de laisser libre cours à son imagination et de songer aux propriétés de créatures fantasques et d’endroits fabuleux.
Il n’y a aucun mal à aimer Harry Potter, le Trône de fer, sacré Graal…
Mais quand on ne sait pas faire la distinction entre l’imaginaire et le réel, les vrais problèmes pointent le bout de leur nez. Pour éviter d’accorder du crédit à des balivernes, nous devons en passer par la question fondamentale : Comment savoir si « ce que je sais » est une connaissance ou bien une croyance. »

Extrait du livre Quand est-ce qu’on biaise ? de Thomas Durand, et de l’épisode pilote de la Tronche en Biais : Un peu de méthode (Introduction à la zététique).

Interview sur la fiction

Shima : Thomas Durand, enchantés. Nous nous retrouvons dans le cadre d’un festival consacré à la science-fiction. Vous avez déjà abordé la science lors de vos conférences. J’aurais du coup aimé aborder avec vous la fiction.

En plus d’être docteur en biologie, vulgarisateur, vidéaste, directeur de l’ASTEC (Association pour la Science et la Transmission de l’Esprit Critique), auteur du blog la menace Théorise et de la chaîne Youtube la Tronche en Biais, vous êtes également écrivain.Vous êtes l’auteur de deux romans de fantasy, de plusieurs nouvelles et pièces de théâtre.

J’aurais été très intéressée par vos romans de fantasy de la saga des Énigmes de l’aube, mais malheureusement la maison d’édition a fermé et je n’ai pas pu me les procurer. C’est dommage car je trouve que vous utilisez de beaux mots, pour parler de science. Du coup, mêlé au monde de la Fantasy que j’affectionne beaucoup, cela aurait sûrement été un plaisir de lire vos romans.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Les énigmes de l'Aube, roman de fiction de Thomas C. Durand
Couvertures des 2 premiers tomes des Énigmes de l’Aube

Thomas : Alors, la saga des Énigmes de l’aube, j’ai commencé à écrire ça, je crois que c’était en 2003. La saga est publiée avec une héroïne qui a 9 ans. Elle s’appelle Anyelle.

En fait, c’est après avoir été voir Harry Potter, j’ai voulu écrire un truc avec ma nièce. J’écrivais déjà de la fantasy à l’époque. C’était assez mauvais ce que j’écrivais. J’ai écris une petite histoire de 60 pages pour ma nièce. Elle a choisi quelques noms dans l’histoire, c’est elle qui les a inventés. Et puis une fois que j’ai eu fini, j’ai relu « Putain, la vache c’est ce que j’ai écris de mieux quoi ! ». Elle ne l’a jamais lu, ça ne l’intéresse pas tellement, mais ça c’est la vie, maintenant elle est grande.

Et donc je l’ai réécris, je l’ai réécris, je l’ai réécris sept fois. Et j’ai finis par le faire publier, donc j’étais très très très fier. La maison était un mauvais choix. C’est une maison qui a coulée dans des circonstances dramatiques puisqu’elle a fait couler d’autres maisons avec elle. Donc la réputation est terrible.

Quand vous êtes marqué par cette infamie là et que vous avez sortis deux romans, qui ont marché assez bien, en terme de critique, je n’ai eu que des retours très positifs, mais ce n’était pas une grande maison et elle a coulée, donc comment voulez-vous aller vendre, entre guillemets, une saga qui a déjà entamée ? Donc bon… Depuis 2012 et la chute de cette maison, j’ai pas vraiment cherché activement à être réédité. Et puis avec la Tronche en Biais, ça me prend tout mon temps, donc j’ai renoncé à chercher. En plus maintenant on m’appelle pour écrire des bouquins en science.

Pour, Quand est-ce qu’on biaise ? c’est l’éditeur qui m’a téléphoné « Bonjour Thomas, j’aimerais faire un livre avec vous. » Ah ! Bah quand on a été auteur et qu’on a galéré à se faire éditer, c’est un tel honneur que du coup j’ai dit oui.

Shima : Et vous avez eu raison. Le livre est très bon !
Naru : Il ne faut pas en faire du bois à Noël ! Je ne suis pas d’accord ! Ni le balancer une fois qu’il est lu !

Thomas : J’ai dis ça moi ? Bon… Je n’aime pas du tout la couverture, mais j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je ne vais pas taper dessus, mais à part ça, je suis très content d’avoir fait ce livre.

Je pense donc que les deux peuvent se défendre, on peut faire de la science et de la fiction. Asimov faisait les deux. Donc, si je peux me comparer à Asimov, au moins là-dessus peut-être un peu. Le reste non, il est meilleur.

Ça me manque. Je n’écris pas beaucoup, mais de temps en temps, j’ai un roman en cours, dans le même univers d’ailleurs. Un peu à la Pratchett, c’est à dire que c’est le même univers, mais là je suis avec un autre personnage à qui il arrive des choses dans un lieu évoqué dans la série, mais où on ne va jamais.

J’aimerais beaucoup qu’en 2020 – 2021, on ressorte un peu la saga. Parce qu’il y a 4 romans d’écrits, un cinquième qui a été en chantier pendant longtemps et en gros ça fait plus de 10 ans qu’il est en chantier. Ça fait 4 ans que je n’ai pas mis le nez dedans.

J’aimerais beaucoup finir cet arc de cette petite fille dans un monde où les gens naissent avec un don magique, pas tous, mais il y a d’autres sagas où l’on a ça, Lanfeust, par exemple où les gens naissent avec un don.

Donc là, elle a le don, elle renforce la magie autour d’elle. Alors évidemment ça a des conséquences, parce qu’elle ne sait pas ce qu’elle fait. Et le jour où le don se réveille, elle fait plein de catastrophes. Autour d’elle, on lui dit qu’il fait qu’elle apprenne à gérer ça, il faut l’envoyer à l’école de magie. Pour ça, il faut aller à la grande ville, elle qui vit au bord de la forêt avec son papa, elle ne veut pas aller dans la grande ville ! Et puis on lui apprend dans la même phrase, « de toute façon, impossible, l’école de magie c’est sérieux, ce n’est que pour les garçons ! » Alors là, ça l’énerve, elle veut y aller. Et elle y va, mais elle n’est pas bonne élève et ça ne se passe pas très bien. Donc c’est son parcours, comment elle va peut-être réussir à aimer apprendre.

Et finalement, ça rejoint un peu les thématiques que j’aime bien en dehors, puisque c’est moi l’auteur.

Naru : Dans les influences, il n’y aurait pas du A la Croisée des Mondes de Philip Pullman ?

Thomas : Je n’ai pas lu. Mais il y a du Harry Potter, du Tolkien, du Pratchett beaucoup et puis je pense qu’il y a de moi. Je ne prétends pas que c’est hyper original. C’est une histoire, dans une école de magie, mais je pense qu’elle est un peu différente des autres.

A l’époque, par rapport à la taille de la maison, c’est un de ceux qui avaient le plus de succès je crois.

Shima : C’est vrai qu’en me renseignant sur Internet j’ai vu beaucoup de critiques positives.

Thomas : Il y avait pas mal de coquilles dans le manuscrit, mais ça c’est la faute de l’éditeur, entre guillemets.

Naru : Il n’y a pas moyen de s’auto-éditer de nos jours ?

Thomas : On peut, mais… Je le fais pour le théâtre. Parce que le théâtre, l’important, c’est que le texte vive sur scène, donc le papier est pas important. Pour un roman, j’ai trop de respect pour le métier d’écrivain. Je trouve que c’est brader. Il y a un vrai parcours qui est qu’on travaille avec un éditeur, c’est jamais un auteur tout seul. Il y a toujours une rencontre avec une équipe. « Comment est-ce qu’on mets en page ? », on corrige les choses, on discute pour la suite « Qu’est-ce que tu vois ? » et il y a un échange. C’est hyper important de voir la critique au sein même de l’équipe qui a un projet.

Naru : Donc un bouquin ça s’écrit pas tout seul ?

Thomas : Voilà. Évidemment c’est beaucoup beaucoup de soi, mais il y a quand même une interface, on interagit avec l’éditeur.

Notamment, avec Quand est-ce qu’on biaise ?, j’ai envoyé le chapitre un, réécrit, donc à partir des épisodes de la Chaîne, en gros c’est les scripts, et je l’ai envoyé écrit en bouquin. Elle m’a dit « Oh non, c’est très dommage, je veux que l’on garde la version dialoguée ». Du coup, j’ai repris ma version améliorée et j’ai remis les dialogues. Du coup, si elle ne m’avait pas poussé à garder la forme dialoguée, je n’aurais pas osé le faire.

En intro, ce n’est peut-être pas assez expliqué, qui sont ces personnages ? Avec du recul, ce qui manque au bouquin… Quand on connaît la chaîne, on n’est pas perdus, mais quand on ne connaît pas, il manque peut-être deux paragraphes, pour expliquer pourquoi c’est ces personnages-là qui sont là. Et ça, ça s’est construit avec elle, donc on fait des changements.

Shima : C’est vrai que pour préparer mon article, j’avais recopié votre paragraphe sur la fiction du premier épisode et j’ai remarqué que dans le livre c’était un peu différent. J’ai bien aimé cette version améliorée.
Naru : Moi, ça m’a rebuté de prime abord, je me suis dit « J’ai déjà vu les épisodes ! C’est bon, j’ai déjà lu tout ça! » Mais ça m’a duré 5 pages et puis après je suis rentré dedans.

Thomas : Il y a des gens qui ont dit ça et je comprends. Et puis il y a aussi des chapitres qui ne sont pas des épisodes. Il y a un peu de tout. Il y a des notes de bas de page, j’adore les notes de bas de page, ça doit être mon côté Pratchettien. Voilà, donc je pense que le bouquin apporte plus par rapport à la chaîne. C’est complémentaire.

Fin de cette première partie d’interview.

2ème partie & 3ème et dernière partie

Après le festival, Thomas a déclaré sur Facebook :

« Et j’ai pu aussi discuter avec des éditeurs sympas et revigorer mon désir de publier mes récits de Fantasy et de SF. Si ça se trouve on pourra dire que c’est là que tout à recommencé…”

Cela n’augure que du bon pour le retour des aventures d’Anyelle dans nos librairies !

Fun Fact

La veille de l’interview, nous avons pu discuter quelques minutes avec Thomas. Le nom du site lui faisait penser au chocolat Galak. Du coup, nous lui avons offert une tablette de chocolat Galak.

Site de l’auteur
Facebook de Thomas C. Durand
Site des Enigmes de l’Aube
Site La Menace Théoriste
Chaîne Youtube La Tronche en Biais
Site de l’ASTEC

Crédit de l’image (bannière Facebook de Thomas) : Crédit : Thomas O’Brien www.facebook.com/thomasobrienpro

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3 Discussion

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