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Les Trésors du Nain: Kaiju N°8, un titre à la hauteur de la com’ ?

Les Trésors du Nain: Kaiju N°8, un titre à la hauteur de la com’ ?

par Balin 27 octobre 2021

S’il y a un titre qui a fait parler de lui pour sa sortie, c’est Kaiju N°8. Il faut dire que Kazé avait mis le paquet pour le promouvoir!

Tout d’abord, on va parler un peu de la communication autour de l’oeuvre.

Cela n’étonne plus grand monde désormais, les influenceurs de la sphère manga/anime reçoivent des kits presse de la part des éditeurs de manière à faire la promotion des nouvelles sorties. Ils contiennent le dossier de presse avec des informations sur le titre ainsi que des petits goodies parfois.

Dans le cas de Kaiju N°8, nous avons reçu un kit presse CO-LO-SSAL ! Il contenait un PLV d’1m50 environ, une combinaison de nettoyage et un t-shirt aux couleurs de la série mais aussi un masque, un pistolet nerf (oui) avec ses balles en mousse et des cibles! Et le tome 1, bien évidemment!
C’est un kit qui a par ailleurs fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux, mais ce n’est pas le sujet ici.

Kazé ne s’est pas contenté de cela et avait vu les choses en grand pour la sortie de ce titre, littéralement!
En effet, c’est avec une affiche de 46 mètres de haut sur la Bibliothèque Nationale de France que l’oeuvre s’est présentée. La dernière fois qu’on avait vu une promotion de ce style, c’était pour World of Warcraft.

Pour beaucoup de fans de manga, cette promotion avait un goût de « too much ». Pour certains même, elle sentait le placement de produit, le pot-de-vin. À tort? À raison? Difficile de trancher parfois. Toujours est-il que ce n’est pas la première fois qu’un manga a droit à une promotion aussi importante. On peut citer Spy X Family et sa soirée de lancement à la Cité des Sciences; le départ de Senku pour l’espace; ou encore The Promised Neverland et sa soirée de présentation dans un hôtel et son gros kit presse en forme de maison.

Si cela peut choquer en France, il faut bien se dire qu’au Japon… C’est presque la normalité! Des immeubles au couleur d’une licence, des objets collectors qui dépassent l’entendement, rien n’est trop grand pour parler de manga. Finalement, ce qu’a fait Kazé pour cette sortie… Ce n’est qu’appliquer le modèle japonais!

Pourquoi si grand? Eh bien parce que de nos jours, pour acquérir les droits d’une licence il ne suffit pas de payer. Il faut aussi et surtout proposer un plan de communication et d’accompagnement du titre qui fasse vendre un maximum!
Qui plus est, Kaiju N°8 est une licence aux chiffres colossaux au Japon..! Le manga cumule désormais plus de 4 millions d’exemplaires en circulation (au 22 août 2021) pour seulement 4 tomes! Il fallait donc être à la hauteur du titre.

Dites-vous qu’on a failli avoir une statue de Kaiju en 3D de 20 mètres de haut dans les rues de Paris…! (Source)

La question maintenant, est-ce que cela a été payant?
En premier lieu oui, l’objectif de la communication et de la promotion, c’est de faire parler de l’oeuvre. Et là… C’est un carton plein.
En second lieu, on peut se demander si les chiffres ont suivi. Kaiju N°8 fait l’objet d’un premier tirage record à 250.000 d’exemplaires, presque 10 fois plus que les tirages habituels. Et en première semaine de vente, ce ne sont pas moins de 22 041 qui se sont écoulés. 1/10ème du tirage initial donc; cela peut paraître dérisoire par rapport aux chiffres japonais, pour autant cela correspond au meilleur lancement pour un manga en France!

Il m’est avis qu’on aura d’autres lancements de cette envergure et plus dans les années à venir. Il faut bien se dire que désormais, la communication est le nerf de la guerre!

Mais alors, est-ce que Kaiju N°8 c’est aussi monstrueux que ça?

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Parlons de l’édition d’abord!

La couverture reprend celle de l’édition japonaise, traduisant simplement le titre. Pour ma part je n’ai pas grand chose à redire là-dessus. Je suis surtout content que Kazé n’ait pas traduit le titre…!
En ce qui concerne l’ouvrage, il s’inscrit dans les standards habituels de l’éditeur. On peut cependant noter la présence de 4 pages couleurs.

Les Trésors du Nain Kaiju N°8 Avis Review Critique Naoya Matsumoto Chiffres Ventes Promotion BNF Kit Presse Communication Blockbuster Kazé Editions Jaquette Sortie tome 2 8 décembre 2021
KAIJYU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto / SHUEISHA Inc

Les kaiju sont d’effroyables monstres géants qui surgissent de nulle part pour attaquer la population. Au Japon, ces apparitions font désormais partie du quotidien. Enfant, Kafka Hibino rêvait d’intégrer les Forces de Défense pour combattre ces terribles ennemis, mais après de nombreux échecs à l’examen d’entrée, ce trentenaire travaille à nettoyer les rues de leurs encombrants cadavres. Jusqu’au jour où une mystérieuse créature s’introduit dans son organisme et le métamorphose en une entité surpuissante mi-humaine, mi-kaiju. Son nouveau nom de code : “Kaiju n° 8” !

Et pour ceux qui, comme moi, sont friands de bonus en tout genre; vous pourrez retrouver deux illustrations sous la jaquette en plus des fiches personnages en interchapitres!

Passons maintenant à la lecture!

La situation initiale de Kaiju N°8 est assez différente de ce que l’on peut retrouver dans les shonen nekketsu habituels. En effet, là où dans la plupart des cas on nous présente un adolescent quasi-systématiquement orphelin; Naoya Matsumoto prend le parti de choisir un protagoniste trentenaire. Quid de l’identification au personnage? Ne vous en faites pas, Kafka Hibino reste un grand enfant! Néanmoins, ce personnage permet d’aborder des thématiques atypiques; notamment les rêves d’enfant ou le monde du travail.

En ce qui concerne l’intrigue, elle est essentiellement basée sur le personnage de Kafka et son envie de retrouver Mina Ashiro. C’est à la fois sa motivation et son objectif puisque cette dernière est la capitaine de la 3ème division des Forces de Défense. De ce fait, l’intrigue est crédible, on sait où l’on va et donne une impression de « solidité ».

KAIJYU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto / SHUEISHA Inc

Pour l’originalité donc, on repassera. Hormis des thématiques un peu différentes; l’oeuvre ne se détache pas tant que cela du nekketsu. Cependant, si l’autrice ne s’engage pas à renouveler le genre, elle nous montre qu’elle le maîtrise totalement.

Histoire: 4/5

Pour ce qui est du dessin, et en considérant que c’est la première oeuvre longue de l’autrice… Kaiju N°8 est assez exceptionnel en fait! Globalement c’est très soigné et rares sont les oeuvres qui proposent quelque chose d’aussi abouti dès les premiers chapitres. Le trait est maîtrisé. Les designs des personnages et ceux des équipements sont beaux, et plutôt bien pensés.

Du point de vue des arrières plans, là aussi c’est de la haute volée. Des villes impressionnantes, tantôt calmes et paisibles tantôt champs de batailles et donc complètement détruites.

KAIJYU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto / SHUEISHA Inc

S’il fallait trouver un défaut, je citerai « ce qui n’est pas humain ». Je m’explique. Comme on peut le voir sur l’image précédente, il y a un décalage entre le tigre et le reste de la page. Il en va de même pour certains Kaiju, les designs donnent une impression d’approximations. En revanche, les Kaiju humanoïdes sont vraiment magnifiques.

Dessin: 4/5

Parmi les points forts de Kaiju N°8, je citerai ses personnages. Dans un premier temps, on a un duo Kafka Hibino/Reno Ichikawa attachant. Les deux ont une situation et un but commun mais des caractères plutôt opposés. Il y’a donc une bonne dynamique et la dimension « père/fils » les rend assez attachants.

Par la suite, d’autres personnages nous sont présentés; et pas que quelques uns! On découvre Mina Ashiro, Soshiro Hoshina, Kikoru Shinomiya, Haruichi Izumo, Iharu Furuhashi et Aoi Kaguragi. Ça fait beaucoup pour un premier tome, et forcément, on ne peut pas présenter tout le monde de la même manière.

KAIJYU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto / SHUEISHA Inc

Et c’est là le reproche que je ferais au récit. À mon sens, il nous présente trop de personnages d’un coup et, de fait, on ne retient pas tout le monde. C’est d’autant plus vrai que les derniers personnages à apparaître n’ont droit qu’à une brève case de présentation; comment retenir leur nom? Leur caractère?
Évidemment, nul doute que l’autrice se rattrapera avec le second tome. Mais pour ce tome 1, c’est un léger problème.

Personnages: 4/5

Mais la véritable force de Kaiju N°8 selon moi, c’est l’équilibre entre l’action et l’humour. On ne va pas se mentir, pour un premier tome ça envoie des mandales sévères. Et c’est d’autant plus impressionnant que l’autrice parvient, en même temps, à présenter les bases de son univers, les concepts et les règles. C’est donc un premier tome qui se lit relativement vite.

Et il se lit d’autant plus vite grâce à tous les gags présents. Il y a évidemment du comique de situation, avec des scènes incongrues, des quiproquos mais aussi du comique de geste avec des expressions faciales aussi absurdes que travaillées.

KAIJYU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto / SHUEISHA Inc

Au final, l’oeuvre se révèle être un savant mélange, une alchimie balancée qui fait mouche sans trop forcer.

Action-Humour: 5/5

Kaiju N°8: En résumé..!

Avec toute la promotion et la communication autour de Kaiju N°8, beaucoup pensent que les avis sont biaisés (ce qui est compréhensible). Néanmoins, après lecture, je dois dire que le titre, en tout cas ce premier tome est très prometteur. Il possède d’indéniables qualités:

Un scénario qui a défaut d’être hyper original, propose des petites touches innovantes: un héros qui à 32 ans, ça change tout dans un shonen nekketsu.
Une galerie de personnages conséquente, dont plusieurs sont super attachants. Petit bémol sur ce point cependant, on nous présente beaucoup (trop) de personnages dans ce tome 1, ce qui fait qu’on ne les retient pas tous. Mais nul doute que le tome 2 viendra combler cela.
Des dessins de très haute volée (on rappelle que c’est la première série longue de l’autrice Naoya Matsumoto), très dynamiques, percutants et aussi très expressifs.
De fait, cela permet une bonne alchimie action/humour qui devient la grande force du titre selon moi.

C’est donc un très bon premier tome pour moi, qui pose des bases solides pour l’univers et pour l’histoire et qui se permet même le luxe de nous proposer des scènes d’actions dantesques, réalisées avec maestria! Rares sont les oeuvres à être aussi efficaces et complètes sur un tome 1. Pour répondre à la question… Oui, Kaiju N°8 est tout à fait à la hauteur de la communication de Kazé!

Le manga est à retrouver aux éditions Kazé, le tome 2 sortira en le 8 décembre 2021. Vous pouvez également le lire en ligne sur Manga Plus, gratuitement et légalement!

Note globale: 17/20

Et si vous souhaitez découvrir un autre point de vue sur l’oeuvre, je vous invite à lire la critique de Monsieur J Sark!

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