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La Base: Saint Seiya, une oeuvre culte, une référence oubliée?

La Base: Saint Seiya, une oeuvre culte, une référence oubliée?

par Balin 26 août 2021

Quand on parle d’oeuvres cultes, qui ont marqué l’histoire du manga, Saint Seiya n’est pas celle qui revient le plus souvent… Et pourtant!

Avant de commencer à parler de la portée de Saint Seiya, je pense qu’il est bon de présenter l’oeuvre. Et oui, on parle tout de même d’une oeuvre qui tend à être mise sur le côté… A tort ou a raison? Nous le verrons.

Saint Seiya est à l’origine un manga de Masami Kurumada qui paraissait dans le Weekly Shōnen Jump entre 1986 et 1990. En même temps que Dragon Ball, Hokuto no Ken et autres Jojo’s Bizarre Adventure.
Sorti en janvier 1986, l’adaptation en animé ne se fera pas attendre et sortira dès le mois d’octobre de la même année. Il faut dire qu’avec ces combats dantesques et toutes ses références mythologiques, le manga avait de quoi plaire!

Synopsis:

De tout temps, lorsque de grands bouleversements se produisent dans l’histoire, les chevaliers du zodiaque ne sont pas loin… Liés à la mythologie antique, ils passent aujourd’hui inaperçus et nous avons presque oublié leur existence. Pourtant, ils sont au Japon, ils vont revenir pour défendre la terre et sauver la réincarnation d’Athéna !
Pour remporter l’armure d’or et retrouver sa soeur, Seiya doit affronter lors d’un tournoi les dix chevaliers de Bronze. Mais l’armure est volée avant la fin du tournoi par l’un de ces chevaliers qui veut conquérir le monde. Une lutte s’engage alors, les chevaliers de Bronze devront s’unir pour défendre la terre…

En France, le manga est à retrouver aux éditions Kana et depuis peu en édition Deluxe!

En ce qui concerne l’animé, il a été fait en deux parties. La première (1986-1989) adaptant les 18 premiers tomes et donc les sagas Sanctuaire et Poséidon. La seconde (2002-2008) adapte les tomes 19 à 22 qui constituent la saga Hadès. (Par ailleurs, cette dernière est disponible sur Netflix)
Entre temps, pour entretenir l’émulation et laisser le temps à Kurumada d’avancer dans son oeuvre, Toei Animation a produit une saga complète: celle d’Asgard. Pas forcément très appréciée au Japon, c’est pourtant une des parties préférées de beaucoup de fans francophones…. Allez comprendre!

Mais Saint Seiya, ce n’est pas simplement 28 ou 22 tomes (si l’on prend la première ou la seconde édition) et un anime. En effet, contrairement à Dragon Ball par exemple, Saint Seiya fait partie des oeuvres « ramifiées ». J’entends par là qu’il existe de nombreuses histoires dérivées.

(Sans parler de toutes les Myth Cloth..!)

Comment s’y retrouver dans Saint Seiya?

Comme dit plus haut, la série originale est la version de Kurumada parue de 86 à 90. Pour ce qui est des compléments… Il peut parfois être difficile de s’y retrouver tant l’univers est étendu. D’autant plus qu’il existe des oeuvres officielles et d’autres qui ne le sont pas. Voici donc un petit tour du cosmos!

Episode G (2002-2013) – Champion Red

Ce manga de Megumu Okada relate des évènements antérieurs à ceux de la série originale dans lesquels les Chevaliers d’Or s’opposent aux Titans. Il reste cependant difficile de situer cette histoire dans la chronologie de l’oeuvre de Kurumada étant donné que Okada avait carte blanche pour ce projet.
À noter: une seconde série, intitulée Episode G: Assassin est parue entre 2014 et 2019. L’arc final Requiem, une troisième série, a débuté en Janvier 2019.

En France, Episode G et sa suite Assassin sont disponibles chez Panini Manga.

Gigantomachia (2002) – Jump Books

Parmi les compléments il y a évidemment des manga, mais aussi des romans. C’est le cas de Gigantomachia, écrit par Kurumada et Tatsuya Hamazaki (roman One Piece). Les deux tomes racontent l’histoire de la Gigantomachie, c’est à dire l’affrontement entre les Saints d’Athéna et les Géants menés par Typhon.

Par rapport à l’oeuvre originale, ces deux romans se placeraient entre la saga Poséidon et la saga Hadès.

Next Dimension (2006 – en cours) – Weekly Shōnen Champion

Pour le coup, c’est la suite officielle de la série d’origine de Masami Kurumada. Et c’est fait… Par lui-même. L’histoire reprend avec les éléments du dernier chapitre de l’oeuvre originale et renvoie nos chevaliers dans le passé pour empêcher certains événements d’arriver. C’est donc à la fois une suite et un prequel! (Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué).

Dohko et Shion, deux jeunes chevaliers de bronze, sont appelés par le Grand Pope. Celui-ci leur remet les armures d’or de la Balance et du Bélier et les informe du prochain retour sur Terre d’Hadès qui annoncera le début d’une nouvelle guerre sainte. Dans l’espoir d’éviter ce conflit, les deux jeunes garçons décident d’aller tuer Alone, le chevalier dans lequel Hadès se réincarnera. Mais un ami d’enfance d’Alone contrecarre leur projet. Alone est emmené en lieu sûr et Hadès prend possession du jeune homme. Il est donc trop tard, la guerre ne pourra être évitée…

À ce jour, la publication de l’oeuvre est toujours en cours. Après la saison « The Myth of Hades » (2006-2018), une nouvelle « saison » a été lancée en juin 2021.

En France, Next Dimension est disponible aux éditions Panini.

The Lost Canvas et Chronicles (2006-2016)

The Lost Canvas débuta quasiment en même temps que Next Dimension; mais à la différence de ce dernier, la série est dessinée par Shiori Teshirogi.

Tenma et Alone sont deux amis orphelins vivant au XVIIIe siècle. Un jour, Tenma est remarqué par Dôko, le Chevalier d’Or de la Balance. Ce dernier décide de l’emmener en Grèce pour l’entraîner à devenir un Chevalier de Bronze, protecteur de la déesse Athéna. Alone, lui, rencontre une mystérieuse jeune fille : Pandore. Elle voit dans le jeune homme l’hôte idéal pour permettre la réincarnation d’Hadès, Dieu des enfers… La grande Guerre Sainte est sur le point de commencer…

Si The Lost Canvas peut-être considéré comme un prequel de Saint Seiya, le manga n’entre cependant pas dans le canon de l’histoire et est considéré comme une histoire alternative. L’histoire de Chronicles s’attarde quant à elle sur les différents chevaliers d’or de cette époque.

Les 25 tomes de TLC et les 16 de TLC-Chronicles sont à retrouver aux éditions Kurokawa. À noter qu’une adaptation animée existe (disponible sur ADN) mais qu’elle ne couvre pas l’intégralité du manga.

Omega (2012-2014)

La saga Omega est un anime original de Toei Animation que ces derniers considèrent comme la suite de la série animée et des OAV. Elle met en scène Koga, un nouveau chevalier de Pégase.

L’anime comporte 97 épisodes, et est disponible chez Kana Home Video.

Saintia Shō (2013 – 2021) – Champion Red

Mené par Chimaki Kuori, Saintia Shō reprend les éléments de Saint Seiya et se place comme une suite. Elle introduit cependant un nouveau concept: celui des Sainita, des jeunes femmes chevaliers servant Athéna.

Le manga est terminé en 16 volumes et paraît en France chez Kurokawa. La série a par ailleurs bénéficié d’une adaptation en animé de 10 épisodes (co-production Gonzo/Toei). Elle est disponible sur ADN et sur Crunchyroll.

Soul of God (2015)

En 2015, Toei Animation a lancé une nouvelle série d’animation de 13 épisodes. Là encore considérée comme suite de la série animée mais mettant en avant les chevaliers d’Or.

Episode Zero / Origin (2017 – en cours) – Champion Red

En 2017, Kurumada lançait Episode Zero en tant que mini-série. Et en effet, celle-ci ne compte que 3 chapitres. L’histoire met en scène Aiolos alors qu’il protège Athéna.

En 2019, l’auteur annonçait une nouvelle mini-série de deux chapitres qui s’intitule Origin. Cette fois, l’histoire prend place en pleine saga Poséidon.

Films Saint Seiya (1987 – 2014)

L’univers Saint Seiya se compose également de six films d’animation, mais je ne détaillerai pas tout ça ici. Peut-être dans un autre article..?

Adaptations et fanmade Saint Seiya

Ce qu’il y a de plus récent dans les esprits concernant Saint Seiya, c’est évidemment l’adaptation Netflix. On peut également noter le film Les Chevaliers du Zodiaque, qui tentait de donner un second souffle à la licence. Et aussi une quinzaine de jeu-vidéos toutes plateformes confondues.

Et pour les aficionados de la série, il existe aussi les fanmade Zeus Chapter, Chaos Chapter de Iro Sakamihara et Saint Seiya: jidesai.

Saint Seiya: Du succès à l’oubli?

Parmi les oeuvres cultes, ou les classiques comme disent certains, Saint Seiya a une place un peu particulière. Les fans les plus anciens, biberonnés au Club Dorothée tiennent l’oeuvre en haute estime (il en va de même pour les fans les plus curieux); mais pour ce qui est des plus jeunes (ou des fans récents) c’est différent. En fait, beaucoup ne connaissent pas, ce qui ne manque pas d’énerver les fans pour ce manque de reconnaissance.

Dans les années 80/90, Saint Seiya était un véritable phénomène de mode. Mieux c’était même une révolution pour le shōnen à l’époque. Alors que la segmentarisation shōnen/shōjo continuait de s’imposer, Saint Seiya faisait le lien entre les deux. Silhouettes élancées, design presque féminin, personnalités émotives: l’archétype du bishonen omniprésent dans les shōjo s’invitait dans les shōnen. (Pour ma part, j’ai toujours trouvé qu’il y avait un côté La Rose de Versailles dans le trait de Kurumada). De fait, les lectrices de l’époque furent autant de nouvelles lectrices du Weekly Shōnen Jump. Ce qui occasionnera également pléthore de doujinshi yaoi par la même occasion.
Suite à ce succès, le beau gosse aux traits fins deviendra un incontournable des shōnen, dans le but de garder le lectorat féminin.

Personnellement, je vois aussi en Saint Seiya le précurseur du « pouvoir de l’amitié ». N’y voyez rien de péjoratif, l’amitié reste une valeur fondamentale dans le nekketsu. Dans l’oeuvre de Kurumada, elle prend une dimension tout autre par rapport aux manga de l’époque (on peut étendre cela aux sentiments). L’amitié permet de se surpasser, elle permet de changer les humains, l’amitié permet même d’échapper aux affres de la mort. C’est simple, pour les Chevaliers du Zodiaque, l’ami est un frère et c’est indéfectible.

Mais alors pourquoi, malgré la révolution engendrée, Saint Seiya ne s’est pas imposée au même titre que Dragon Ball dans la culture ?

Dans un premier temps, il faut bien se l’avouer: l’oeuvre a vieilli.
Au niveau des dessins déjà, il faut bien le reconnaître là aussi, le trait de Masami Kurumada est pataud ce qui rend l’oeuvre difficile à apprécier. D’ailleurs, s’il n’y avait pas eu d’animé (merci les character-designs de Shingo Araki) je pense que le succès aurait été moindre. Il y a donc déjà ce palier à franchir pour se lancer dans la lecture (et ce malgré la très belle édition Deluxe).

Au niveau de l’histoire aussi, ce qui était novateur à l’époque n’a plus le même statut aujourd’hui. Il suffit de voir comment est perçu le pouvoir de l’amitié maintenant. Également, les relations entre les personnages, cette bromance couplée à l’émotivité et aux designs… Quand on voit JJBA qualifié d’anime pour « gay », j’ai un peu peur pour Saint Seiya… Pas sûr que la scène entre Shun et Hyoga soit perçue de la même façon aujourd’hui; déjà que Shun avait pris cher à l’époque avec son armure rose qui lui avait valu un doublage féminin…!

Ensuite, je pense que l’oeuvre n’est plus aussi attrayante qu’à l’époque. La mythologie grecque a été surexploitée: des films, des séries, des jeux, des livres… C’est peut-être pour cette raison aussi qu’on n’a jamais eu de suite à l’anime The Lost Canvas. À l’heure actuelle, c’est plutôt la mythologie scandinave qui est sur le devant de la scène (ahhh la saga Asgard!). Le salut de Saint Seiya aurait pu venir de Omega mais la série à tout de même bien souffert de son aspect enfantin…

Ainsi, si je devais expliquer « l’oubli » de Saint Seiya, je dirai que c’est surtout une question d’époque. Là où Dragon Ball est intemporel, les Chevaliers du Zodiaque dépendaient, à mon sens, du contexte. Et je pense aussi que les derniers choix autour de la licence n’ont pas été des plus pertinents (mais ça…).
Pour autant, il n’en reste pas moins une oeuvre colossale, évidemment culte et j’encourage tout fan de manga à la lire, la relire, la voir ou la revoir.

Avez-vous déjà ressenti la cosmo-énergie?

Pour finir, on va parler un peu de l’actualité de la licence.

En plus du retour de Next Dimension, un projet de live-action serait en production par l’actrice et réalisatrice Famke Janssen (Jean Grey de X-Men). Source: Forbes.
Mais pour l’instant ce projet reste très nébuleux et n’a pas donné de nouvelle depuis le 25 mars.

On notera également la tenue de deux séances pour le Saint Seiya Symphonic Adventure le 30 octobre prochain au Grand Rex.

Et pour les fans de la première heure, on vous rappelle que la BD Saint Seiya, les Chevaliers du Zodiaque arrive pour 2022!

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