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Du rêve à la réalité : Interview des autrices de Somnia

Du rêve à la réalité : Interview des autrices de Somnia

par Inès Scarlet 5 août 2022

Les deux autrices de Somnia, Liza E. Anzen (scénariste) & Federica Di Meo (dessinatrice), ont répondu à nos questions lors de Japan Expo 2022. Toutes les deux italiennes, elles se rencontrent au festival Napoli Comicon et tout de suite, il y a cette “magic vibe” entre elles !

Synopsis de Somnia :

Myra est une jeune fille singulière. Alors que le monde autour d’elle éprouve et exprime une large gamme d’émotions, il lui est impossible d’en ressentir. Curieuse de comprendre ce que sont les rêves, elle intègre la Guilde des Créateurs, l’endroit où naissent les rêves.

Somnia : quand le manga prend vie 

D’où vient votre passion pour le manga ? Quand et comment avez-vous commencé à dessiner ? 

Federica Di Meo : “chez moi, la passion du manga existe depuis que je suis enfant. En Italie, il y avait beaucoup d’adaptations anime qui étaient diffusées à l’époque. Et, cela a créé une génération d’artistes qui connaissent vraiment bien les mangas. Je suis aussi diplômée en histoire de l’art et donc avec cette passion, j’ai essayé de faire ça. Lorsque j’ai commencé à étudier le manga, j’ai voulu vérifier si les choses que j’avais apprises étaient correctes. Donc, je suis allée au Japon ! 

Liza E Anzen : Je pense que le manga est une manière très particulière de raconter des histoires. Par ce que, c’est surtout basé sur les émotions. Il faut faire ressentir aux lecteurs ce que les personnages vivent ! Il y a donc de nombreuses techniques propres aux mangas. Depuis que je lis des mangas, j’aime beaucoup ceux qui me font ressentir des émotions. Et, les personnages japonais sont vraiment basés là-dessus. Quand j’ai lu mon premier manga, qui était Ranma ½ de Rumiko Takahashi, j’ai été choquée. Je me souviens avoir été submergée d’émotions en lisant certaines pages qui étaient d’apparence très simple. Et j’adore les mangas depuis ça. 

Sur quelles œuvres auriez-vous aimé travailler ? 

F : Ranma ½ évidemment. Mais je pense qu’aujourd’hui, un des mangas qui m’a le plus surprise, c’est Spy x Family. Il y a un très bon mélange d’action, d’humour, de romance. Peut-être que des gens n’aiment pas vraiment Anya, mais je pense qu’elle est nécessaire. Tout ce qu’il y a dans ce manga est nécessaire à la narration et au développement des personnages. 

L : J’ai beaucoup aimé Fruits Basket. Quand je l’ai lu, j’étais très jeune et ça m’a beaucoup aidé à définir ma vision de la famille. Donc c’était vraiment important pour moi. Et en fait, j’ai eu la chance d’être l’éditrice italienne de la nouvelle édition de Fruits Basket. Donc, j’ai eu la possibilité de le faire à ma manière. D’une certaine manière, j’ai contribué à cette œuvre.

Les inspirations pour Somnia

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Cover du tome 1 de Somnia : Les faiseurs de rêves

Quels sont les mangakas que vous appréciez le plus ? Quelles ont été vos inspirations pour écrire et dessiner Somnia ? 

F & L : Rumiko Takahashi (Ranma ½, Inuyasha, Maison Ikkoku, Urusei Yatsura

F : Dans Somnia, une de mes plus fortes inspirations vient de Atsuko Nakajima qui est la chara-designer de l’adaptation anime de Ranma ½. J’aime beaucoup son travail. Elle est une de celle qui arrive à changer son style, mais à rester fidèle à elle-même. J’essaye de faire ça ! Dans Somnia, la première partie a plusieurs inspirations venant des comics, car j’adore ça. Un autre mangaka que j’apprécie aussi, c’est celui de la première version de Fullmetal Panic [Ndlr: Retsu Tateo] ! Aujourd’hui, il y a beaucoup de nouvelles œuvres qui m’inspirent, notamment l’Atelier des sorciers [Ndlr: Kamome Shirahama]. Elle a un style vraiment particulier que j’aime bien. 

L : Pour Somnia, je n’ai pas vraiment eu d’inspiration spécifique. En fait, j’aime bien la magie et j’ai lu beaucoup de livres d’auteurs européens, américains, etc… Durant ma vie, j’ai lu de nombreux livres et mangas tous différents. Du coup, je n’ai jamais senti qu’un seul mangaka m’inspirait, c’est plutôt toutes les expériences que j’ai eu dont je m’inspire. Ce n’est pas vraiment intentionnel, c’est plutôt instinctif. 

Le manga à travers l’Italie et la France

Quel est le rapport que les Italiens ont au manga ? Est-ce que cela a évolué ? 

F : Le succès des mangas en Italie a été dans les années 2010, mais après la télévision italienne a arrêté de diffuser des anime pendant plusieurs années. Ensuite, est venu Netflix et ça a repris ! Mais, les gens n’ont jamais arrêté de lire des mangas. Il y en avait peut-être un peu moins, mais c’est tout. Et, après la covid, on était à plus 500% de mangas vendus qu’en 2019. 

Y’a-t-il une différence avec la France ?  

L : Je pense qu’en France, il y avait une génération de lecteurs de mangas avant nous en Italie. Il y a 10 ou 15 ans, où les gens essayent de faire des mangas, mais les lecteurs n’étaient pas prêts pour ça. Car ils pensaient que ce n’étaient pas vraiment des mangas. Les mangas, c’est japonais, pas européen. Cette mentalité était très présente. Et, je pense que les Français sont plus ouverts d’esprit là-dessus. Mais maintenant, en Italie et en France, c’est la même chose.

L’origine du manga

F : Le problème partout en Europe était que ‘tu ne peux pas dire que c’est un manga, s’il n’a pas été fait au Japon‘. Et la question sur le terme ‘manga’ a duré 10 ans. Ce qui a beaucoup aidé, c’est le travail de Tony Valente avec Radiant. Par ce que les gens ont compris qu’il est possible de faire un manga et d’avoir un anime français qui est publié et diffusé au Japon aussi ! 

Vous êtes allé au Japon, quelle a été votre expérience en tant que mangaka ? 

F : J’ai rencontré plusieurs enseignants de manga, également éditeurs, et je voulais comprendre qu’elle était leur vision d’ensemble sur le manga. Ça m’a beaucoup aidé. Certains sont aussi venus en Italie et j’ai pu parler à nouveau avec eux. Et, je pense que leur manière de travailler est vraiment passionnante, ils s’investissent vraiment dans ce qu’ils font. 

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En un mot, pourquoi lire Somnia ? 

F : Pour moi, Somnia signifie l’espoir qui devient réalité. 

L : Somnia pour moi est une histoire que j’ai voulu écrire pour démontrer que la magie existe… et je pense que j’ai réussi !” 

Somnia : Les faiseurs de rêves Tome 1 est à découvrir aux éditions Panini Manga dès le 10 août ! 

Propos recueillis par Inès-Scarlet 

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